KINESITHERAPIE

DEFINITION ET CONCEPT

Le terme  Kinésithérapie  renvoie au grec « Kinêsis » signifiant « mouvement » ; il s’agit donc d’une thérapie de la gestuelle humaine visant à diagnostiquer et traiter les pertes de mobilités des différents tissus  (articulations, muscles, tendons, viscères, fascias, nerfs) susceptibles d’altérer les capacités fonctionnelles.

Lors d’une consultation, le Kinésithérapeute va considérer le patient dans sa globalité (âge, professions, activités, antécédents…) et choisira ainsi l’axe thérapeutique le plus adapté tout en respectant vos attentes et objectifs.

Il établira ainsi avec vous un plan de traitement réaliste et mettra en place diverses techniques ayant pour but la restauration des capacités fonctionnelles.

Ainsi, la kinésithérapie s’inscrit à la fois dans la rééducation fonctionnelle, la réharmonisation posturale et la prévention.

    ! N’hésitez pas à poser des questions !

En tant que patient, vous avez un rôle majeur à jouer tout au long de votre traitement. Par conséquent, il est important que vous compreniez quel est votre problématique, en quoi consiste votre prise en charge, ce que vous devez et pouvez faire pour améliorer votre situation, mais aussi ce que vous devez éviter de faire pour l’aggraver.

Cette compréhension rendra la collaboration avec votre thérapeute plus efficace.

Rappelez-vous qu’une équipe qui se comprend est une équipe qui gagne.

COMMENT SE DEROULE UNE CONSULTATION ?

La 1ère consultation dure environ 1h et comprend 3 phases :

C’est la phase d’entretien permettant de définir le motif , le contexte de consultation et d’identifier clairement les symptômes.

Cette phase permet de poser les 1ère hypothèses diagnostiques permettant au thérapeute de planifier l’examen clinique (tests physiques), et de définir les facteurs de risques et les facteurs de protection.

L’examen physique permet d’objectiver les restrictions de mobilités à travers des tests de provocations (palpations, mise en tension, tests de contractions, tests conflictuels, etc) et des démonstrations fonctionnelles (selon un mode « on/off »), contribuant ainsi à définir l’origine des symptômes et les facteurs déterminants .

 Après avoir établi un diagnostic kinésithérapique, le praticien met en œuvres différentes techniques de mobilisation dans un but de réharmonisation structurelle visant la restauration des capacités fonctionnelles du patient.

LES DIFFERENTS CHAMPS D'ACTIONS DE LA KINESITHERAPIE

♦ La lombalgie aiguë, mieux connue sous l’appellation « lumbago » fait souvent suite à un mouvement mal contrôlé et se caractérise par une douleur vive limitant les déplacements et/ou changements de position. 

♦ La lombalgie chronique (installée depuis au moins trois mois) quant à elle est multifactorielle et peut présenter différentes étiologies liées aux:

Défauts d’ajustements posturaux au quotidien entraînant des contraintes vertébrales.

Pathologies discales et leurs conséquences : la hernie discale correspond au bombement anormal du disque intervertébral, engendrant alors des compressions des racines nerveuses à proximité. Plusieurs facteurs tels que la surcharge pondérale, un effort de soulèvement inadapté et la sédentarité, peuvent en être à l’origine. Elle se manifeste souvent sous la forme de sciatique ou cruralgie s’exprimant par des douleurs neurologiques de type fourmillements dans la zone du territoire du nerf concerné, entrainant alors des difficultés à la marche.

Dysfonctionnements mécaniques des articulations des membres inférieurs : les membres inférieurs sont le lieu de passage des lignes de force transmise au bassin, puis au rachis. Des contraintes mécaniques empêchant la bonne transmission des forces de réaction du sol vers le rachis peuvent ainsi être à l’origine de douleurs lombaires.

Tensions du système digestif : il s’agit dans ce cas de ce que l’on appelle les douleurs projetées. Elles correspondent à des sensations douloureuses dans un site autre que la zone où a réellement lieu l’activation des nocicepteurs (récepteurs sensoriels de la douleur) viscéraux. Par exemple, il est fréquent que les personnes ayant eu un infarctus ou angine de poitrine rapportent une douleur au niveau du cou, de l’épaule et du bras gauche. 

Ce phénomène s’explique en partie par la convergence d’une partie des afférences (voies sensitives relayant vers le système nerveux central les informations reçues des récepteurs cutanés, musculaires et viscéraux) nociceptives viscérales et nociceptives cutanées en un seul faisceau sensitif vers le cortex somesthésique (lieu de la représentation et perception du corps). Ainsi quand des informations douloureuses se produisent au niveau viscéral, le cortex ne fait pas la distinction entre les signaux viscéraux et cutanés et interprètent la douleur comme provenant des régions cutanées. 

Torticolis : cervicalgie aiguë souvent liée à un mouvement brusque (mal contrôlé) ou à des problèmatiques d’ajustements posturaux (problème d’ergonomie) entraînant alors des contractures musculaires et un « verrouillage » cervical.

Névralgie cervico-brachiale (NCB) : souvent d’origine disco-vertébrale (conflit entre le disque et la racine nerveuse du même étage) , elle se traduit par des douleurs neurologiques de type fourmillements diffusant dans les membres supérieurs jusqu’aux doigts selon un territoire défini, fonction de l’atteinte compressive.

Discopathie : vieillissement et altération du disque inter-vertébral qui ne remplit plus son rôle d’amortisseur des contraintes. Il peut par ailleurs être à l’origine d’une NCB.

Cervicarthrose: littéralement « arthrose du rachis cervical », vieillissement et altération de la mécanique des articulations du rachis cervical entraînant alors un enraidissement de la nuque et donc une restriction de la mobilité fonctionnelle du rachis cervical .

Céphalées de tension: sensation de pression ou douleur « en casque » au niveau du crâne souvent associée à des situations de crispation ou liée à des désordres disco-vertébraux engendrant un excès de contractures musculaires. 

Les viscères désignent les organes situés dans nos cavités thoracique, abdominale et pelvienne (cavité du bassin). Il s’agit du foie, de l’estomac, du coeur, des intestins, des reins, de la vessie, utérus, prostate, etc.

 Les organes peuvent accumuler des tensions, souffrir de restrictions dans leur mouvement et dans leurs interactions avec les nombreux tissus qui les entourent.

Le système digestif est constitué de muscles  » lisses » (comparativement au système musculaire dit « squelettique » en lien avec les muscles moteurs des membres) . A ce titre, il peut donc subir des troubles musculaires comme n’importe quel muscle de notre corps .

Des tensions au niveau viscéral peuvent s’exprimer par une douleur  au niveau de la colonne vertébrale; et  inversement , un blocage vertébral peut provoquer des perturbations viscérales. Par exemple, une constipation peut tout aussi bien entraîner des douleurs au niveau des lombaires, comme elle peut être la conséquence d’un manque de mobilité vertébrale.

Il est à noter que les stress physiques et psycho-émotionnels sont susceptibles de créer des tensions au niveau des viscères. En l’occurence, les intestins sont particulièrement vulnérables au stress chronique et au manque de repos. Il est par exemple fréquent d’être constipé en cas de stress intense. 

De même, les organes thoraciques (poumons et coeur) sont particulièrement touchés lors d’épisodes d’anxiété. 
Ce phénomène s’explique par le rôle important du diaphragme (acteur principal de la respiration): lors d’un stress important ou suite à une posture voûtée prolongée, le diaphragme peut « s’accoler » aux organes contigus (foie et l’estomac), restreignant ainsi leurs mobilité (plans de glissement) et motilité et nuisant à leur bon fonctionnement.

Le kinésithérapeute intervient dans ce contexte par des manœuvres décongestionnantes, réharmonisant les rapports des différents organes concernés afin de rééquilibrer le fonctionnement du système digestif.

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) concernent toutes les affections musculo-tendineuses (tendinopathies : épicondylalgies -Tennis Elbow, tendinopathies de la coiffe des rotateurs, achillodynie, etc) et articulaires liés à des contraintes posturales répétitives pouvant s’exprimer aussi bien dans le cadre professionnel (ergonomie), sportif (effet de surcharge) et dans la vie quotidienne à travers l’acquisition de mauvaises attitudes posturales.

La kinésithérapie aura ici à la fois un rôle curatif, dans le traitement de la symptomatologie (inflammation, restrictions tissulaires et articulaires) et également prophylactique (préventif) à travers la reprogrammation posturale et gestuelle.

Elle concerne la restauration fonctionnelle post fractures, entorses, lésions musculo-tendineuses et le suivi traumatique post chirurgical.

Fracture extrémité distale du radius